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Pour Petra, la relation entre l’humain et l’animal est une évidence de longue date. Bien avant d’en faire son métier, elle a pu constater les effets bénéfiques de cette proximité au sein même de sa famille.
« J’ai toujours eu des animaux et connu ce lien particulier et le bienfait qu’ils procurent »,raconte-t-elle. Une conviction renforcée à la naissance de son fils aîné. Enfant introverti, celui-ci trouve alors auprès de son chien un compagnon rassurant. « Le contact avec l’animal lui apportait le plus grand bien », se souvient-elle.
Intriguée par cette relation singulière, Petra s’intéresse progressivement à la médiation animale. Mais à l’époque, les formations dédiées à cette pratique sont encore rares en France. Il faudra attendre 2017 pour qu’elle puisse enfin suivre un cursus spécialisé. Une étape décisive qui la conduit à créer sa propre activité en tant qu’auto-entrepreneuse.
Ses premières interventions se déroulent auprès de jeunes suivis par la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), dans le cadre d’une association d’entraide. Rapidement, son champ d’action s’élargit. Petra accompagne désormais des publics très variés, avec une attention particulière portée aux personnes isolées, qu’il s’agisse de salariés en difficulté ou de personnes âgées confrontées à la solitude.
« La médiation animale ne répond à aucune recette toute faite. Chaque séance est construite en fonction de la personne accompagnée, de son âge, de son parcours et de ses besoins. Il n’existe pas de séance type », souligne Petra.
Certaines personnes parviennent rapidement à exprimer leurs émotions, tandis que d’autres nécessitent davantage de temps pour se livrer. L’objectif est avant tout d’instaurer un climat de confiance propice à l’échange.
« L’animal est alors un intermédiaire naturel et rassurant, qui permet d’entrer progressivement en relation, sans jugement », explique-t-elle.
Dans ce processus, l’animal agit comme un facilitateur. Sa présence aide à apaiser les tensions, à réduire les appréhensions et à favoriser la parole, notamment chez des personnes confrontées à des traumatismes ou à des situations de grande fragilité.
Si les chiens occupent une place importante dans ses interventions, Petra n’hésite pas à sortir des sentiers battus. Elle se déplace également avec des animaux beaucoup plus inattendus tels que des blattes et des phasmes. « Ces animaux insolites suscitent la curiosité et permettent souvent de briser la glace. Une première étape essentielle pour engager le dialogue. »
Les applications de la médiation animale peuvent être multiples : phobies scolaires, manque de confiance en soi, burn-out, troubles anxieux ou traumatismes divers. Pour Petra, l’accompagnement des personnes en situation d’épuisement professionnel présente notamment un intérêt particulier.
« La médiation animale peut constituer une porte d’entrée pour faciliter un travail sur soi-même, mais ne remplacera pas dans tous les cas la consultation d’un thérapeute », estime-t-elle.
Parallèlement à son activité en médiation animale, Petra est également éducatrice canine, spécialisée dans la compréhension du fonctionnement du chien et de sa place au sein de la famille. Elle travaille notamment avec deux races qu’elle affectionne particulièrement : le Présa Canario, originaire des îles Canaries en Espagne, et le Basenji, un chien venu du Congo. Deux races au tempérament bien différent, mais qui illustrent la diversité du monde animal. Une diversité que Petra met chaque jour au service de l’accompagnement humain, convaincue que le lien avec l’animal peut parfois ouvrir des portes que les mots seuls ne parviennent pas à franchir.
Informations pratiques :
Facebook : Casenji Médiation Animale
Instagram : Casenji
Email : casenji@esda-canario.fr